Un recruteur M&A lit des transactions, pas des missions
En banque d’affaires, un CV est lu par des analystes et des associés qui passent leurs journées sur des transactions. Leur question est simple : ce candidat sera-t-il opérationnel sur un modèle, une valorisation, un document de présentation ? Chaque ligne de votre CV doit y répondre.
La règle d’or : décrivez chaque opération par son secteur, sa taille, votre rôle et le livrable. « Aide aux analystes sur des dossiers » ne dit rien. « Valorisation d’une cible industrielle (VE de 85 M€) par DCF, comparables boursiers et transactions » dit tout.
Comment décrire une transaction
Une ligne de transaction efficace contient presque toujours ces éléments, dans cet ordre :
- Le livrable ou l’action : valorisation, modèle financier, mémorandum d’information, screening d’acquéreurs.
- Le type d’opération : cession, acquisition, levée de fonds, LBO.
- La cible : secteur et taille (chiffre d’affaires ou valeur d’entreprise), sans nom si l’opération est confidentielle.
- La méthode ou le volume : méthodes de valorisation, nombre d’acquéreurs contactés, horizon du modèle.
La confidentialité
Vous ne pouvez presque jamais citer le nom d’une cible ou d’un client. Ce n’est pas un problème : « un distributeur B2B de 140 M€ de chiffre d’affaires » est aussi parlant qu’un nom, et montre que vous connaissez les usages. Ne donnez jamais d’information qui permettrait d’identifier une opération non annoncée.
Les activités qui comptent
Un club finance, un concours de valorisation ou de LBO, un fonds d’investissement étudiant : ces activités pèsent lourd quand vous avez peu d’expérience. Mais « membre du club finance » ne sert à rien. Dites ce que vous y avez fait : conférences organisées, nombre de participants, classement en concours.
Les certifications sont aussi regardées : le niveau I du CFA, une formation reconnue en modélisation financière. Indiquez-les en compétences, avec l’année.
Les erreurs fréquentes
Elles reviennent dans la plupart des candidatures écartées :
- Des opérations sans taille ni secteur : le recruteur ne peut pas juger leur niveau.
- Des outils listés sans preuve d’usage : citez Excel, FactSet ou Capital IQ seulement si une ligne montre que vous les avez utilisés.
- Un CV en français seulement pour une banque internationale : préparez une version anglaise, avec les mêmes chiffres.
- Des chiffres flous ou gonflés : un analyste vous interrogera dessus en entretien.
Et en entretien ?
Chaque ligne de votre CV deviendra une question. Si vous écrivez « valorisation par DCF », attendez-vous à expliquer votre taux d’actualisation et votre valeur terminale. Écrivez uniquement ce que vous savez défendre : c’est la meilleure préparation possible.